-
Jürgen Habermas -
 |
Jürgen
Habermas, né en 1929, a d'abord enseigné la philosophie
et la sociologie de 1961 à 1964 à Heidelberg et de 1964
à 1971, à Francfort. Directeur du Max-Planck-Institut
de 1971 à 1983, il enseigne à nouveau à Francfort
depuis 1983.
(http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/) |
Vie
et oeuvre
Né en 1929 près de Cologne, Jürgen Habermas a fait ses
études de philosophie à partir de 1949 à Göttingen
puis à Bonn. Assistant de Theodor Adorno à Francfort à
partir de 1956, successeur en 1964 de Max Horkheimer à la chaire de
philosophie, il incarne la deuxième génération de l'école
de Francfort et se distingue d'emblée de ses maîtres par son
refus du pessimisme et sa volonté d'inscrire dans les faits le renouveau
de la démocratie. N'ayant cessé de mener conjointement son travail
de recherche et une activité journalistique qui le conduisit à
de multiples prises de position publiques, il a exprimé sa sympathie
critique au mouvement étudiant à la fin des années 60,
s'est opposé vigoureusement, en 1986 et 1987, aux historiens conservateurs
allemands qui voulaient réduire le nazisme à une sorte de réponse
défensive au communisme, est intervenu de manière critique à
diverses occasions à propos de la réunification de l'Allemagne
et du rôle de la Constitution. Sa carrière universitaire le conduit
à enseigner à Marbourg, à Heidelberg et auprès
de Hans-Georg Gadamer, dont il discutera par la suite la philosophie, ainsi
qu'aux États-Unis.
Il dirige l'Institut Max-Planck de sciences sociales de 1971 à 1982.
En 1982, il se voit refuser un poste de professeur à Munich, tandis
que la presse conservatrice déclenche contre lui une campagne de diffamation.
Il retrouve alors son poste à Francfort, qu'il ne quittera plus jusqu'à
sa retraite en 1994, où il demeure aujourd'hui professeur émérite.
Auteur d'une
oeuvre considérable, dont une vingtaine de volumes sont déjà
traduits en français, Habermas fait principalement reposer sa tentative
pour fonder la raison et le droit sur l'idée d'une communication sociale
élémentaire, qui serait garante des principes. Ses recherches,
au cours des dix dernières années, ont porté plus particulièrement
sur les fondements de la démocratie contemporaine et sur les relations
entre l'universalisme des droits de l'homme et le monde actuel, marqué
à la fois par la globalisation et le multiculturalisme.